Pire : la « une » de l'hebdomadaire allemand Bild affiche, sous le titre « Plusieurs centaines de morts à Lhassa », une photo montrant des
manifestants tibétains battus à coups de latte de bambou par des policiers... népalais au cours d'une manifestation à Katmandou, au Népal ! De son côté, la chaîne de télévision américaine Fox
News, peu réputée pour son sérieux, a publié à la « une » de son site une photo de réfugiés tibétains à New Delhi évacués par des policiers indiens, avec comme légende : « Les Chinois ont fait
parader dans les rues de Lhassa des prisonniers tibétains dans des camions. »
Si ces médias ont publié des lettres d'excuses, la Chine, qui ne brille pas dans le domaine de la liberté d'expression, n'a toutefois pas
hésité à relever les largesses des médias occidentaux.
Pour voir la cérémonie de départ de la flamme olympique à Tiananmen, il fallait réunir ces deux conditions:
1. avoir du temps devant soi (beaucoup de temps). Si tout le monde savait que la flamme arriverait à Pékin à bord d’un avion Air China aux alentours de 9h du matin, personne ne savait précisément à quelle heure débuterait la cérémonie. Les organisateurs de celle-ci, dans un soucis de sécurité absolue, n’avaient communiqué que très peu de détails concernant son déroulement. Conséquence, les chinois étaient entassés sur le bord de la route, la tête tournée direction Tiananmen, sans savoir vraiment à quelle heure la flamme défilerait dans les rues de la capitale. D’après le wanbao de lundi, la flamme aurait été à Tiananmen entre 11h et midi.
2. être malin. Toujours dans un soucis de sécurité, les trottoirs des axes principaux étaient tous bloqués, les stations de métro de Tiananmen fermées et la circulation routière coupée. Alors pour atteindre la dîtes place, il fallait être rusé et se faufiler dans les hutongs au sud-est de Xidan, contourner l’Opéra…
Malheureusement, si nous avons été relativement habile pour rejoindre Tiananmen, le temps nous a manqué et nous n’avons pas pu voir la cérémonie (qui a d’ailleurs été diffusée avec un léger différé à la TV, malgré le bandeau « en direct », sécurité, sécurité…). La Chine a donc relevé son premier défi, accueillir la flamme sans heurts. Cette dernière se lance désormais dans son traditionnel tour du monde qui sera, lui, sûrement plus laborieux que le passage pékinois.
Qu’on soit pour le boycott ou non, je dois dire qu’accueillir la flamme olympique devant le portrait de Mao, ça a quelque chose de choquant…
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