Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /2008 11:17

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L'histoire commence samedi il y a huit jours. Il est 23h, me voilà confortablement installé dans mon canapé, dans le noir, les yeux rivés sur mon film actuel préféré "Into the wild" que je regardais à l'époque pour la 3ème fois déjà…Soudain, j’entend quelqu’un frapper assez fort à la porte. Je me lève bien malgré moi et un peu bougon, pour me retrouver sur le pallier face à deux inconnus, chinois, tous deux vêtus d’une veste de cuir et anormalement musclés.

Le plus petit des deux me demande sans attendre si je peux lui donner le numéro de ma proprio.  Pas un bonjour, pas un sourire, rien. Je lui demande qui il est, pas de réponses non plus. Les seuls mots qui sortent de sa bouche concernent le numéro de téléphone de la propriétaire de l’appartement. Agacé, j’utilise un deuxième subterfuge et lui demande s’il connaît le nom de la propriétaire. Cette fois il me répond indirectement, en me faisant une description physique de celle-ci et de son fils…

Les deux gaillards repartiront finalement 15 min après, sans le numéro de téléphone et en ayant avoué que la proprio leur doit de l’argent. Je retourne devant mon film un peu alerté.

Le week-end et la semaine se passent sans nouvelles de nos deux inconnus, qui, selon les propres mots de la proprio « sont des copains de son fils qui cherchaient à lui faire une blague ».

Mais vendredi matin, mon pressentiment du week-end se confirme. Une petite surprise nous attend en sortant de l’appartement : un pot de peinture a été jeté contre notre porte et sur le mur à côté. Parmi les éclats de peintures séchés, un message inscrit sur le mur : « 还钱 » (« rendez-moi mon argent »). Drôle de blague ! Le lien est rapidement fait avec nos deux visiteurs de la semaine passée. J’appelle donc les concierges de l’immeuble qui constatent la peinture étalée partout devant notre porte, qui lèvent les yeux et me demandent hébétés « Quel est le problème exactement ? C’est parce que c’est sale c’est ça ? » . J’en perds mon chinois.

Notre voisine ouvre sa porte et regarde les dégâts d’un air inquiet : « it’s not safe for you to be here ! ». Serions-nous en train de côtoyer la petite mafia chinoise ?!

Elle réussit finalement à joindre le fils de la proprio qui revient à Pékin en catastrophe, appelle la police et nous avoue connaître nos deux inconnus du samedi soir. Après une longue discussion avec le plus haut gradé des policiers, le fils nous assure qu’il n’y aura plus de problème, qu’il s’est arrangé avec les policiers et qu’ils vont aller voir les deux types dès ce soir…Beaucoup de promesses, mais son visage reste très fermé.

Depuis, plus de nouvelles, mais si vous ne me voyez plus écrire d’articles pendant un mois, vous saurez pourquoi…

Par Brieg Lemétayer - Publié dans : La Chine, les Chinois..
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