« J’ai tellement hâte de rentrer en France ».
Depuis quelques semaines, mes pensées sont toutes dirigées vers cette phrase. Non pas que je me déplaise ici, mais l’envie est grande de retourner chez soi, retrouver ses proches, déguster du fromage et boire du bon vin autour d’un repas enjoué. On fabule souvent à ce sujet entre nous. Il faut dire que quand on habite loin de sa terre natale, tout ce qui évoque son pays prend une dimension quasi religieuse et nous prenons plaisir à en discuter.
Mon avion décolle dans quelques heures. Le retour tant attendu est désormais tout proche. Etrangement, alors que défilent par la fenêtre du taxi les derniers immeubles de Pékin, une phrase nouvelle s’affirme avec insistance dans mon esprit…
Me reviennent à la mémoire tous les moments vécus ces derniers mois avec une certaine nostalgie. Toutes les envies, les folies, les joies, les peines, les manques…Comme toujours, c’est lorsque la fin approche que l’on prend conscience de la valeur des choses. Et la France qu’on a longtemps désiré nous tend toujours les mains, mais l’envie des les attraper est différente. Moi qui me croyais étranger à ce pays, je m’aperçois que quelque part, il fait parti de moi. Tandis que les façades de l’aéroport se découvre à mes yeux, les premiers symptômes du syndrome « Lost in translation » pointent le bout de leur nez…
« On est bien ici… ».
12h plus tard à Paris, autre continent, autre pays, autre culture… autre tout en fait. C’est la première fois que je reviens en France depuis mon départ à Pékin, alors je redécouvre tout sous un regard différent. Comparé à Pékin, Paris donne l’impression d’un grand musée dans lequel on peut respirer de l’air presque pure ! Le contraste est saisissant. J’avais oublié le regard indifférent des gens dans la rue, ce bain de fierté permanente qui rappelle à chaque instant que nous ne sommes que des êtres humains ordinaires. En Chine, le sentiment est tout autre. C’est difficile à expliquer, d’autant plus que le chinois est très individualiste.
Nous voilà déjà sorti de Paris. 15 minutes auront suffit pour aller de la gare du Nord à la porte d’Orléans. Que c’est petit…
Et puis, plus rien. Le décalage horaire me rattrape et je m’écroule sur mon lit. Me voilà chez moi. Les yeux perdus dans le noir, je m’égard à nouveau dans mes pensées. Je me demande alors si tout ce que j’ai vécu ces derniers mois a existé…
Les premiers jours sont difficiles. Pendant de nombreuses semaines, j’ai eu le sentiment de vivre dans une machine en perpétuel mouvement, de jour comme nuit. En Chine, même quand il ne se passe rien il se passe quelque chose. En France…c’est le calme plat. Tout semble à l’arrêt. C’est comme si vous étiez l’acteur d’un film en marche avancé et que quelqu’un décide d’appuyer sur « Pause ». Le changement de fuseau horaire apporte encore un peu plus de décalage à ma réalité.
Quelques semaines plus tard, me revoilà à Paris. Je marche dans la rue avec des amis. Nos retrouvailles sont
l’occasion de profiter ensemble des charmes de la vie parisienne. Ce qui me choquait avant de me choque plus, je suis redevenu comme tout le monde. A cet instant, Pékin me paraît bien loin et la
vie là-bas étrangement futile. Pourtant, malgré deux merveilleux mois passés ici, la date du retour s’approche.
Mais, est-ce un retour ou un départ ?
Etant donné que beaucoup d'entre nous sont partis à l'étranger pour faire leurs études, je vous propose de régulièrement poster des nouvelles de l'un d'entre vous. Ca permettra non seulement de rester en contact, mais aussi de savoir un peu comment ça se passe pour chacun. Honneur aujourd'hui à Marine (amie non-CESEM) parti pour 6 mois à Montréal et qui revient de quelques jours passés à New York....
"A mon tour de vous faire découvrir ma ville d'adoption où j'étudie pr qques mois, Montréal!! C'est une ville assez particulière puisque deux communautés cohabitent ici même, les anglophones d'un coté, les francophones de l'autre, et ce parfois sans meme parler la langue de son voisin... L'université ou j'étudie, par exemple, est anglophone, et la majorité des étudiants locaux (et des profs aussi!) parle peu ou pas français, alors que certains vivent ici depuis plus de 20 ans... ça suprend au début!
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